Un adolescent de 12 ans tué par un chasseur

Un enfant de 12 ans est mort dans le bois de la Gâte à Mesnières. Il circulait en quad avec son père. Nicolas a été tué d'une balle tirée par un chasseur pourtant jugé expérimenté.

29/01/2012 à 17:31 par laurenthellier

C'est dans le bois de la Gâte à Mesnières que le drame s'est produit
C'est dans le bois de la Gâte à Mesnières que le drame s'est produit

Dimanche après-midi, Mesnières vivait au rythme habituel des promenades et footings sur l’avenue verte. Pourtant à quelques centaines de mètres, du côté de la Gâte en bordure d’un bois, un coup de fusil a brutalement retenti. Il était aux environs de midi. Dans le petit bois privé, un enfant de douze ans vient de s’effondrer du quad sur lequel il circulait avec son père. Nicolas, originaire de Bosc-Berenger, a été fauché par une balle à plomb calibre 12 (chargée de plomb n°2) tirée par un chasseur.

Le groupe de quads venait juste d’emprunter ce chemin vicinal ouvert au public. La colonne était fermée par le quad d’un père de famille accompagné de son fils. Surpris par la présence d’un chasseur, le père l’interpelle pour lui demander pourquoi l’action de chasse n’est pas signalée à l’entrée du chemin (une disposition légale et indispensable, ndlr). S’en suit, un “échange” selon le procureur de la République de Dieppe, Valérie Carignan. Hélas, pour une raison que l’enquête de gendarmerie va devoir déterminer, le chasseur âgé de 81 ans tire une balle qui vient se loger dans le casque de l’adolescent. Touché à la tête, il s’effondre.

“A minima, il y a eu imprudence, négligence”

Il reste désormais beaucoup d’interrogations autour des circonstances de cet accident dramatique. Dimanche soir, le procureur de la République se montrait particulièrement prudent. “Il s’agit de déterminer les infractions qui ont été commises. Il faut savoir pourquoi il n’y avait pas de matérialisation de l’action de chasse sur un chemin ouvert au public”, a expliqué le procureur.

Et d’ajouter  : “A minima, il y a eu imprudence, négligence”. Pourtant, le tireur octogénaire était pour le moins aguerri puisqu’il chasse depuis l’âge de 17 ans. Il se trouvait dans un bois privé et en hauteur par rapport aux quads.

Il reste désormais à comprendre pourquoi la chasse n’était pas signalée à l’entrée du chemin alors qu’elle l’était à deux autres endroits de l’autre côté du bois. Pourquoi le chasseur n’avait pas cassé son fusil sachant que des quads se trouvaient à proximité ? Y-a-t-il eu négligence ? Placé en garde à vue après les faits, l’octogénaire va devoir fournir des explications pour déterminer les circonstances de la mort de l’adolescent, tué sous les yeux de son père. Lundi 23 janvier, le procureur a ouvert une information judiciaire et le chasseur a été mis en examen pour homicide involontaire. Il a également été placé sous contrôle judiciaire. Les analyses toxicologiques qui ont été effectuées “n’ont rien révélé d’anormal”, assure le procureur. Les investigations continuent pour les enquêteurs avec notamment des expertises balistiques. Le prévenu risque jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. Affaire à suivre.

Laurent Hellier avec Nicolas Demollien

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