Un Neufchâtelois nommé directeur de Spanghero

Spanghero. Le nom a été ces dernières semaines au cœur du cyclone. Impliquée dans la fraude à la viande de cheval, l'entreprise de l'Aude vient de nommer un Neufchâtelois à sa tête

Dernière mise à jour : 02/04/2013 à 13:30

serge Renaudin

 

“On m’a contacté mercredi (27 mars) pour que je sois à Castelnaudary dès le lendemain. On m’a appelé au secours pour gérer la crise” explique Serge Renaudin. L’ancien patron de Gewy (Alliances Elaborées) à Foucarmont est présenté comme un homme d’expérience. Et pour cause. Cet habitant de Bully a été durant plusieurs années le président du directoire du groupe coopératif Alliance Cobévial, spécialisée dans l’abattage de bovins et de porcs. Durant trois décennies, il a été l’un des responsables du groupe alimentaire (successivement directeur d’usine, directeur commercial et directeur général). Spécialiste des produits transformés, Serge Renaudin (60 ans) a aussi touché du doigt la politique locale puisqu’il a été candidat aux dernières législatives sur la 6e circonscription de Seine-Maritime. Il fut aussi juge au tribunal de commerce de Neufchâtel avant de rejoindre celui de Dieppe.

“Procédé interdit à la consommation”

Chez Spanghero, le Brayon est présenté comme un “homme très connu dans le milieu de la viande. Il a réussi dans toutes ses entreprises” déclarait récemment le président basque de Spanghero, Barthélémy Aguerre.

Serge Renaudin aura donc pour mission de sauver ce qui peut encore l’être. “L’affaire Spanghero c’est une chose. Mais l’entreprise a surtout été rachetée par le sérieux groupe Lur Berri et possède un formidable outil. Le groupe a mis 11 millions d’euros dans l’affaire. C’est une usine magnifique avec du matériel haut de gamme”. Mais Serge Renaudin le sait, le mal est fait. L’affaire Spanghero dénoncé depuis plusieurs semaines à propos de la viande de cheval n’est que la partie immergée de l’iceberg. Le cheval à la place de la viande, ce n’est peut-être pas le plus grave. “En revanche, l’introduction de viande séparée mécaniquement (VSM) de mouton est un procédé interdit à la consommation” explique-t-il. Autrement dit le danger sanitaire existait peut être.

Procédure de sauvetage

Désormais le nouveau directeur doit dresser un état des lieux en 10 jours. “Nous ne sommes pas en redressement judiciaire mais dans une procédure de sauvetage. La société n’est pas en cessation de paiement. Tous les mauvais lots sont bloqués” assure le nouveau directeur. Serge Renaudin doit simultanément rassurer les vétérinaires, essayer de garder les derniers clients et reprendre “son bâton de pèlerin” pour retrouver du volume. “Sinon on risque la liquidation et la vente de l’entreprise. 180 ouvriers sont aujourd’hui au chômage technique en plus d’une cinquantaine de cadres”. Serge Renaudin est avant tout un chef d’entreprise. Mais il n’a rien perdu de son militantisme politique et dénonce l’attitude du ministre de l’Agriculture dans ce dossier. “Les ministres devraient s’entourer de gens de terrain sur ce genre d’affaire. Les déclarations inconséquentes des politiques sont anti-économiques”.

Laurent Hellier

  1. [...] tout juste d’être nommé directeur de l’entreprise Spanghero à Castelnaudary et affichait ses espoirs. Mais le scandale de la viande de cheval a eu raison de la société de l’Aude. Et il [...]
  2. Rv2013
    2 avril 2013 17:59
    Lors que l'on a de la viande chevaline mélanger avec de la viande bovine, que l'on retrouve dans la même entreprise de la viande Ovine séparée mécaniquement est interdite dans l'hexagone depuis 2001, comment peut on rejeté la faute sur d'autres j'appelle cela de l'irresponsabilité, comment protéger un groupe si celui ci serait aussi sérieux que cela ils n'auraient pas mis dans la moise leurs 180 salariés. Il y a des coupables, il faut qu'ils tombent seule solution pour ramener de la sérénité dans ce groupe.debCp
  3. [...] http://www.lereveildeneufchatel.fr/2013/04/02/un-neufchatelois-nomme-directeur-de-spanghero/ [...]